A plus tard.

A plus tard.
Maman,

D
epuis quelques mois déjà, dans ma petite tête traînent des idées bizarres, des idées qui me poussent à m'affranchir de cette présence inutile en ce monde et en ta vie.
J'ai suffisamment gâché les rares moments de bonheur qu'il te restait depuis ma naissance.

Pire
qu'un fléau, je suis un boulet qui, lassé de marquer le sol de son passage, décide enfin de scier lentement mais fermement cette chaîne qui me maintient accrochée à quelques espoirs futiles.

L
'avenir ne me réserve rien de bon, l'avenir ne me réclame pas, je ne souhaite pas le rencontrer. Mon avenir, c'est maintenant que je décide de le tuer avec moi, de le conserver jalousement dans cette petite boîte étanche décorée de c½urs, que tu m'offris avec douceur le jour de ma communion, c'était hier, maman, je te suis si redevable, je suis si ingrate.

N
e prends pas ma décision comme un acte de faiblesse ou de facilité, c'est poussée d'une énorme motivation que j'ai décidé de mettre fin à ce passage insensé. La route ne me convient pas, elle ne m'a jamais convenu de toutes façons, je ne serais jamais la petite fille modèle dont tu rêvais ; mes amis m'ont quitté au fur et à mesure de nos déménagements, je souhaite habiter ma dernière demeure pour l'éternité, comme je sais que je serais en toi pour toujours.

Ne
pleurs pas maman, c'est pleine de conscience que je décide de mon sort, pleine de bonheur que je souhaite te quitter. Tu me rejoindras, je le sais, mais surtout prends ton temps, explique à mon petit fre que je n'ai pas souffert, dis lui à quel point je l'aime, mais surtout, ne lui mens pas, comme ne mens à personne. Honore ma mémoire en respectant ma décision.

Tu m'as souv
ent répété notre confort matériel, tu as mis en avant nos atouts principaux, l'image de marque d'une belle famille unie et conformiste, courageuse et soudée. Il n'en était rien, je n'ai eu que faire de ses beaux cadeaux neufs, achetés au détriment de ta présence.

Mon plus be
au cadeau, maman, c'est toi. Les longues nuits de maladie où à chaque sursaut je te trouvais au bord du lit, où à chaque cauchemar je te savais à mes pieds.
Surtout, ne me regrettes pas, tu me savais perdue à plus long terme, je décide de devancer le temps, de renoncer à ces fatalités apparentes et c'est ainsi que je gagne mon plus dur combat, pas contre ton chagrin que je n'aurai pas à supporter, mais contre le temps que tu m'as toujours expliqué comme vérité absolue.

En douze ans, j
e n'ai jamais eu faim, je n'ai jamais eu froid, je t'en suis redevable. En ce moment, la froideur de mon corps une fois que la lame aura fait son travail m'inquiète, je n'ai pas l'habitude. Je n'ai même jamais vu de cadavre, tu as voulu m'en protéger. Cet inconnu m'attire, cette délivrance me revient.

Pourtant
ce doute persiste, un si petit corps abritant un si petit c½ur, en connaissais tu l'existence, ne l'as-tu pas vu se rétracter ces derniers mois ? Tu me répondras bientôt, le temps n'existera plus.

J'ai
été violée maman, le six juin dernier, mon corps l'a caché, mon âme a brûlé. Je t'en veux tant de n'avoir rien soupçonné, mais ne t'en tiendrai pas rigueur, j'accepte ma part de responsabilité. Peut être devait il en être ainsi, peut être que cet homme a été envoyé, me faire part de cette souffrance pour enfin comprendre que ma place n'est plus ici, je n'ai plus de semblables, je me sens seule, abusée, incomprise, et pourtant j'ai tant à dire... tant de choses que tu aurais aimé savoir, maintenant qu'il est trop tard.

Une o
reille tendue n'est pas la bienvenue sous la contrainte, une attention banale et quotidienne aurait suffi, les cascades de mes pleurs n'auraient pas noyé si rapidement mes draps si ma douleur avait pu s'écouler lentement, pour rejoindre cette source dont tu es la porteuse.

Je
te l'ai dit, pourtant j'en doutais. Je me sens lâche, je n'aurai pas à supporter ta pitié, je ne saurais la voir, mais je ne l'imagine que trop bien.

Sous
mon oreiller tu trouveras une boîte à chaussures, dans laquelle ce trouve cette paire de boucles d'oreille que papa t'avait offerte pour tes quinze ans de mariage. Je te les ai empruntées il y a peu avec ton rouge à lèvres et d'autres babioles.

Il est
maintenant l'heure maman, j'ai mis un drap au sol, ton retour se fera quinze minutes après mon départ, je devrais être tiède encore. Profites en pour me mettre dans mon lit ; jètes ensuite ce drap satiné que je trouve horrible afin qu'il ne choque pas le petit et de ce voile blanc dont tu aimais tant me frôler, masques mes traits innocents.

Surto
ut, ne tentes rien, ne me retiens pas, c'est l'âme libre que je décide de m'envoler, c'est de ma force que la lame tranchera et c'est de ma vie dont le sang s'échappera.

A bientôt.


DoK
# Posté le mardi 05 décembre 2006 20:50

Le néant fait vivre

Le néant fait vivre
Flatté, idolatré, supplié, respecté, dessiné et décrit, bien que purement imaginaire pour certains, le néant inspire.
Pourtant, tout en étant la définition qu'on veut bien lui donner, il continue de n'être que rien.

Se plaire du néant, s'en servir pour avancer, c'est en fait n'avoir besoin de rien pour progresser dans son monde, pour évoluer dans sa vie. La définition va à l'encontre de l'idéologie, paradoxalement, le néant semble fuir la lumière, et donc la vie. Est ce possible de nier une lumière douce et violente, certes indispensable quand l'absence de celle ci met au repos tant d'êtres et en activité nombreux esprits, les vôtres, fans du néant.

Avancer dans le noir, c'est se casser la gueule, manger du noir, c'est lentement admettre que sa présence est puissante, mais qu'à force de travail et de temps elle s'estompe. L'érosion des dents le prouve, la lumière tamisée du matin aussi.

Quand on ferme les yeux, ce n'est pas le noir qui se dresse, c'est un monde imaginaire, évoluant selon vos désirs qui se dessine devant vous. Vous vous prosternez donc devant le fruit le plus pur de votre imagination, s'il n'est fait que d'ombres, vous avez de la chance, l'ombre existe grâce à la vie ; sans lumière, l'ombre meurt, votre imagination en fait de même.

Nous sommes donc maîtres de notre obscurité. Croire en la lumière plutôt que la fuir, c'est admettre que la vie a un sens, même s'il ne s'est pas encore dévoilé, même si celui ci semble vide. C'est de vos actes que votre vie s'élèvera. L'importance de celle ci, les valeurs qui s'en dégagent, c'est à vous d'en décider, mais comment peut il en être autrement ?

Vous pouvez éteindre toutes les lumières du monde, voiler les étoiles, la lune réfléchira toujours, ne pas l'admettre n'est pas utopique, simplement une accuité visuelle provisoirment affaiblie, qu'une fois de plus, fort des espérances de chacun et du travail que vous ferez inconsciemment le temps effacera.

Donc, à tous les péssimistes et fatalistes du monde, au bout du chemin, vous ne rêvez pas, c'est bien une lumière qui scintille et vous attend ; prenez votre temps, tous les chemins y mènent. Ne la craignez pas, elle est douce et chaude. Ne la fuyez pas, elle vous anime.

Levez la tête vers le ciel, fermez les yeux. La dominante n'est pas noire, elle est rouge.
# Posté le lundi 04 décembre 2006 12:31

L'enfant brûlé.


Au travers des rideaux de flamme, dans le coin d'une pièce claire et conviviale, un regard brille, les pupilles rétractées par l'abus de lumière qui jaillit du couloir.

Difficile à apercevoir, impossible à imaginer, celui qui le porte devient quelques instants le centre d'un monde. Il s'est arrêté quelques instants pour faire place à ce moment horrible ; médias, politiques, badauds ; la plus haute représentation de notre société laisse paraître un sentiment d'inquiétude. Les rencontres sportives s'annulent les unes après les autres, les émissions diverses et souvent stupides qui gavent l'adolescence laissent place aux communiqués spéciaux ; un drame se crée, entretenu par tous, imaginé par l'extérieur, approché par les puissants et redouté par les passants.

Ebahis il y a à peine cinq minutes, voici que les yeux de ce petit garçon se ferment, lassés de percer ce voile noir de plus en plus opaque, fatigués de refléter à qui pourrait le voir les magnifiques scintillements des flammes qui jonchent l'horizon très fermé que beaucoup tentent d'élargir, au risque d'eux même.

La boiserie craque et grimpe du sol vers ce qui semble être les cieux, elle crie de toute sa sève. Elle traverse péniblement le nuage gris qui se forme et s'entretient sur sa cime. Les ténèbres, momentanément percées de chêne massif se plaisent à gagner du terrain, à emplir bientôt les poumons du petit garçon, agenouillé derrière son lit, semblant supplier Satan de lui laisser quelques temps de répit. Sa volonté n'est du ressort que du destin, qui décidera ou non de lui envoyer des hommes pour retarder son heure, pour confronter le destin, la fatalité n'est pas, c'est de l'action de quelques hommes, guidés intérieurement bien plus que hiérarchiquement que se dessinera la continuité d'une vie.

Le ton rougeâtre qui s'empare de ses joues laisse à l'espoir une faible place ; les trompes d'eau envahissent la pièce depuis la petite fenêtre par laquelle il regarde tous les matins les incessants passages de véhicules aussi bizarres que drôles. C'est dans cette mare qui semble inutile que se noyent ses larmes, unique soulagement contre la chaleur qui lentement le consume. Il se crispe, ses yeux se ferment et enfin son doux visage heurte tendrement le sol humide. Tout le reste est sans importance, le devenir d'un monde est vain, comme le courage de cet homme qui n'a pu rapporter à une maman effondrée qu'un corps d'enfant rigide, dévoré par les flammes.


By DoK ...
L'enfant brûlé.
# Posté le mardi 28 novembre 2006 22:51
Modifié le vendredi 01 décembre 2006 11:06

K-reen

Alors, voici K-reen, jeune célibataire de yutz, à la recherche d'un gars beau, intelligent et drôle... c'est pas gagné ^^
Mais qu'est ce que vous ratez là :p
Histoire de vous frustrer de ne pas disposer de toutes ces qualités, toutes ses photos sont disponibles soit sur son blog : http://chelsea57970.skyblog.com ou à l'adresse http://kreen.dok.fr en grand format.
Les séances se sont déroulées chez elle, franchement très sympa cette (double) séance, dans la bonne humeur, très pro cette Kreen ^^
..... si tous les modèles pouvaient être comme ça !
Alors, son numéro de portable est le 06.**.**.**.**
K-reen
# Posté le mardi 28 novembre 2006 22:10
Modifié le mardi 28 novembre 2006 22:42

Jess - modèle photo

Alors, ci dessous, Jess.
Shootée chez K-reen, ce montage (retouches plus exactement) a été fait dans le but de ressembler a une image particulière, la pose a donc été préparée pour celle ci.

Son blog :
http://totalementoxic57.skyblog.com/

Ses photos :
http://jess.dok.fr


Jess - modèle photo
# Posté le mardi 28 novembre 2006 22:05
Modifié le mardi 28 novembre 2006 22:43